Bénin – Analyse : Nos dirigeants ne savent pas ce qu’est le développement.

Bénin – Analyse : Nos dirigeants ne savent pas ce qu’est le développement.

 

Un pays développé est un pays où la majorité de sa population à accès à tous ses besoins vitaux c’est à dire un logement décent l’eau potable la santé l’éducation et la nourriture. Ainsi ce qui sépare un pays comme la Norvège pays de seulement 5 millions d’habitants du Bénin 10 millions d’habitants, c’est la qualité de vie de sa population. Si je parle de la Norvège c’est parce que ce pays est considéré comme le plus développé du monde mais j’aurai pu parler de la Suisse ou de la Nouvelle Zélande de petits pays en taille et en population mais de grands pays dans la qualité de vie de leurs citoyens. Au Bénin les politiques pensent qu’un pays qui se développe est un pays qui construit des routes ou des ponts, un pays où on demande à la population de se serrer la ceinture afin qu’on puisse construire des infrastructures qu’ils n’auront même pas les moyens de fréquenter. Quelle erreur…

Une méconnaissance des indicateurs de développement

Nos hommes politiques abusent de la méconnaissance de la population pour communiquer sur le fait que le pays serait sur la voie du développement. Pour cela et en complicité avec des institutions comme la Banque Mondial et le FMI de nombreux chiffres nous sont publiés sur les prévisions de la croissance sur la note attribuée au pays par les instituts de notations sur la chute du niveau de pauvreté etc…

Comme le dit l’ancien Président Brésilien Lula « faire entrer le FMI dans votre pays c’est faire entrer le loup dans la bergerie. Chassez le FMI et la Banque Mondial de votre pays à tout prix ! » Lorsqu’on parle de Lula on parle d’un homme qui a sorti des millions de brésiliens d’extrême pauvreté il sait donc de quoi il parle.

Le développement ne se mesure pas a des indicateurs sur le PIB mais plutôt sur comment la richesse nationale est repartie afin d’améliorer les conditions de vie d’une population. Ces conditions de vie s’articulent autour de besoin vital simple et lorsqu’on détaille les politiques menées sur ces différents besoins on constate à quel point nos dirigeants sont hors du coup :

 

– l’accès au logement : il s’agit d’un problème dont ne souffre pas réellement le Bénin dans la mesure où d’une manière ou d’une autre de par la solidarité africaine chacun s souvent un toit ou s’abriter, mais la cherté des logements dans les environs où de nombreux béninois exercent l’activité qui leur permet de subsister est un phénomène de plus inquiétant. En effet de nombreux béninois sont contraints de vivre de plus en plus loin des cœurs économiques. Ce problème est avant tout un problème de pouvoir d’achat bien que la spéculation immobilière ne soit pas régulée au Bénin. Notons l’indifférence générale du pays face à ce phénomène qui conduira forcément à une recrudescence de sans-abris comme ça commence à être le cas pour les taxi motos qui par exemple dorment sur leur moto étant incapable de se payer un logement dans les environs.

 

– l’accès à l’eau potable : l’eau est la ressource la plus abondante sur la planète et aussi la plus vitale pour le corps humain et pourtant son accès est très difficile pour des millions d’humains. Au Bénin trois éléments mettent à jour l’indifférence et l’inactivité de nos dirigeants à donner accès à la ressource la plus précieuse du monde : il y a d’abord le fait que le Bénin soit si tributaire d’aide internationale pour investir dans l’accessibilité à l’eau potable, notre État est capable d’investir 900 milliards pour goudronner et paver des rues de Cotonou, mais nous sommes incapables d’investir des montants moindres pour régler définitivement la question de l’eau. Il sera toujours inconcevable qu’on investisse dans des routes alors qu’il y a encore des béninois qui font 10 km de marche pour avoir accès à une source potable d’eau.

Le deuxième élément, probablement le pire, est la question des détournements et la mauvaise de ressources disponibles pour investir dans l’accès à l’eau potable. Si toute corruption est à condamner, celle liée à l’eau potable mériterait un niveau de sanction supérieur vu le caractère inhumain qu’il faut pour risquer de priver des humains d’un accès à l’eau. Le troisième élément est d’ordre environnemental, il est clair que nos dirigeants ne prennent pas en compte les questions liées au réchauffement climatique et au fait que de nombreuses sources d’eau se tarissent, et si on doit prendre un exemple lié à l’actualité des produits phytosanitaires prenons celui de la culture du coton très demandeuse en eau. Dans les champs de coton, de nombreuses femmes sont contraintes de faire des kilomètres pour aller chercher de l’eau qui n’est souvent pas potable pendant que leurs maris souffrent à la récolte de l’or blanc.

 

– l’accès à l’éducation : les inégalités dans l’éducation sont visibles par la lecture des taux de réussite aux examens par département. En effet plus vous êtes éloigné de la capitale moins vous avez de chance de réussir. L’Etat est absent dans plusieurs localités du Bénin il y a un manque d’écoles, d’enseignants, de fournitures scolaires auquel il faut ajouter le désintérêt de certains parents à laisser leurs enfants aller à l’école. Et pourtant l’éducation ne semble pas être une priorité pour le Régime en place plus intéressé par des infrastructures pharaonique comme l’aéroport de Glodjigbe que par l’amélioration du savoir de nos enfants. Nous avons besoin de routes et d’aéroports, mais encore une fois il y a des priorités qu’on ne peut ignorer. On ne peut pas se plaindre du désert de compétences des béninois et ne pas investir pour former une génération de béninois de haut niveau de compétence.

 

– Il est évident que tous les béninois ne mangent pas leur deux ou trois repas quotidien le Président Talon l’a d’ailleurs reconnu plusieurs fois. Et pourtant force est de constater que le pouvoir d’achat des béninois est constamment perturbé ainsi en près d’un an les béninois ont été chargés de plusieurs augmentations de taxes (péages routiers, coût de certaines démarches administratives, taxes sur les communications, répression sur les plaques motos etc.…) À cela doit s’ajouter la hausse des prix des produits de première nécessité. Pendant ce temps les salaires n’augmentent pas et de nombreux béninois sont au chômage. Les béninois s’appauvrissent dans l’ignorance généralisée la classe politique.

 

Le développement du Bénin ne peut se faire sans les Béninois

Un citoyen béninois est à la fois un travailleur un contributeur et un consommateur. La totalité des béninois paient un impôt dès la seconde ou ils achètent un produit. Dans un pays comme le Bénin qui n’a aucune ressource naturelle le béninois est la première ressource. Ignorer la première ressource du Bénin est une faute grave de gestion. Une faute imputable à toute la classe politique trop déconnecté de la réalité pour se rappeler que si les béninois arrêtent de payer leurs impôts un député n’a pas de salaire.

Dans une période de crise économique telle que nous la vivons un bon Gouvernement devrait axer ses investissements sur le bien être des béninois et non sur des infrastructures que de nombreux béninois n’auront pas les moyens d’utiliser. Les entreprises privées devraient bénéficier de régimes fiscaux allégés l’entrepreneuriat des jeunes devrait être encouragé. Pour résumer le programme politique devrait donner priorité à redynamiser l’économie nationale et non la plomber par des grands projets trop gros et trop coûteux qui plomberont nos capacités de financement sur plusieurs années.

Il n’y a pas de pays développé dans lequel les citoyens sont pour la grande majorité pauvre…

 

Luc Mensah Analyste Politique et Économique

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