Côte d’Ivoire/3ème mandat de Ouattara en prévision : Chemin barré pour certains opposants

Dans une interview accordée au journal hebdomadaire Jeune Afrique publié ce Samedi 02 Juin, le président ivoirien a affiché son intention de se représenter une nouvelle fois en 2020 pour la présidentielle. Alors que sa succession alimente déjà beaucoup de rumeurs dans le rang des opposants, Alassa Dramane Ouattara n’est certainement pas encore prêt à laisser le pouvoir aux mains d’un potentiel rival comme Guillaume Soro.

En attendant, la confirmation en 2020, les choses se compliquent déjà pour l’opposition ivoirienne. Le président Allassane Dramane Ouattara, estime que l’adoption d’une nouvelle Constitution en 2016 a remis tous les compteurs à zéro. Après son élection de 2010 et sa réélection de 2015, le président ivoirien opte pour un troisième mandat tandis que le deuxième fini en 2020. « La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », a déclaré M. Ouattara.

Certains opposants auront du mal à accepté cette décision. Pour certains observateurs politiques, cette position reflète moins une véritable ambition présidentielle qu’une volonté de calmer les ardeurs des potentiels candidats à sa succession au sein de la mouvance présidentielle. Pour le politologue ivoirien Sylvain N’Guessan, en n’excluant pas de se représenter, Alassane Ouattara s’offre une possibilité de faire barrière à un candidat du PDCI qui ne lui conviendrait pas et éventuellement à Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, à qui l’on prête des ambitions présidentielles. En même temps, le président tente de transformer en parti la coalition au pouvoir afin d’organiser une primaire pour la présidentielle de 2020.

La transformation en un parti unifié du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années. Voulue par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis son élection en 2010 et 2015.

Le PDCI assure avoir accordé son soutien à Ouattara en échange d’une promesse, jamais formalisée par écrit, de soutien du RHDP à un candidat issu du PDCI en 2020. Dans sa motion, le réseau des cadres du PDCI insiste sur cette promesse, appelant au « respect de la parole donnée » et « des principes qui ont présidé à la création du RHDP », et « considérant l’appel de Daoukro (appel de Bédié à soutenir Ouattara) qui a permis la réélection dans le calme, la sérénité et la paix du président Alassane Ouattara ».

 

 Bertin DOKO

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